Revendeurs Apple : les langues se délient

L’iPhone ? « Depuis sa sortie, Apple ne nous a jamais livrés. On n’en peut plus, on n’a pas les moyens d’attirer les clients. » Le ton est donné. Le froid glacial n’a pas arrêté les revendeurs qui se sont retrouvés pour manifester devant l’Apple Store de l’Opéra à Paris. Comme les huit autres Apple Store déjà ouverts en France, ce dernier marginalise chaque jour un peu plus le réseau des Apple Premium Resellers (APR), les revendeurs agréés par la firme à la pomme, observe Les Echos.

En France, en novembre dernier, la société eBizcuss (propriétaire de l’APR ICLG et de ses 15 boutiques), déposait un référé contre Apple. La société qui emploie 200 salariés est au bord de la faillite. Son chiffre d’affaires a chuté de 22 % lors de son troisième trimestre fiscal et le cours de Bourse a plongé de 50 % depuis un an. Ses salariés rejoints par ceux d’autres revendeurs ont créé le collectif « Pomme de discorde ».

Après la plainte déposée en novembre par eBizcuss, le premier revendeur agréé d’Apple en France, les langues se délient. La firme à la pomme étranglerait financièrement ses alliés locaux en livrant ses produits au compte-gouttes et en renforçant ses exigences. La révolte gronde chez les revendeurs Apple.

Le réseau des Apple Store a été créé voici dix ans. Il pèse 13 % du chiffre d’affaires du groupe, et chacun des 361 points de vente maison a réalisé en moyenne 17 millions de dollars durant les trois derniers mois de 2011, calcule Les Echos. Apple a investi dans ses magasins 3 milliards de dollars et compte en ouvrir une quarantaine en 2012. En France, où l’on compte 9 Apple Store, plusieurs dizaines d’ouvertures sont prévues. Chaque boutique compte 116 salariés en moyenne.

Les revendeurs eux, ne gagnent plus vraiment leur vie. Apple leur a imposé de se fournir auprès des grossistes Ingram Micro et Techdataus. La marge tournait auparavant autour de 10 %. Elle a chuté autour de 3 %, voire 0 sur l’iPad. Reste la marge arrière qui peut représenter entre 2 et 10 % des ventes mais qui est dispensée au bon vouloir d’Apple. « Nous sommes notés par Apple et c’est ce barème qui détermine notre remise financière. C’est tellement dur de remplir tous les critères qu’on est toujours en faute », se plaignait François Prudent, le patron d’eBizcuss, interviewé mi-janvier par Les Echos. A tel point que depuis l’été dernier, le torchon brûle. Certains revendeurs ont envoyé des constats d’huissier montrant que les Apple Store ou la FNAC avaient été approvisionnés, tandis que l’APR voisin dépérissait faute de livraisons. Fin 2011, les APR ont créé une association pour faire entendre leur voix mais jusqu’à présent, c’est apparement un dialogue de sourds.

Les Apple Store et les APR ne sont pas gérés par la même division chez Apple. Apple s’est réservé le droit d’installer un Apple Store en face de la boutique d’un APR et de livrer en priorité un canal de distribution plutôt qu’un autre… Et ce n’est pas fini. D’ici décembre, les 60 APR français devront disposer d’une superficie de 75 mètres carrés à 200 mètres carrés, d’une vitrine extérieure de 6 mètres carrés de long et d’une hauteur sous plafond de 2,80 m. Sans négociation possible.

itrgames, 13 février 2012

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